Qu’est ce qu’une bonne opération finalement ?

Qu’est ce qu’une bonne opération finalement ?

Quand on parle d’opérations de haut de bilan, que ce soit une cession ou une opération de levée de fonds, il nous semble important dès le départ de bien définir les critères qui nous permettront de dire que nous aurons réalisé une bonne opération.

Cet article représente simplement notre point de vue, notre approche et, bien entendu, cela variera d’un professionnel à un autre.

Nous considérons que le premier objectif dans ces opérations est de trouver la bonne contrepartie, que ce soit un fonds pour une levée ou un industriel pour un rachat.

Ce que nous entendons par une bonne contrepartie c’est avant tout quelqu’un qui va réellement comprendre l’ADN de votre structure, son historique et qui démontre une adhésion franche à votre vision et vos projets de développement.

Pour parvenir à cela, il est important de se parler et de se rencontrer. Nous pensons qu’il n’y rien de plus cynique qu’un deal où le process a été mené sans véritable rencontre, où toutes les décisions se sont faites dans un bureau avec un tableau Excel sous les yeux. Dans un monde très financiarisé, nous pensons que l’Humain est, et doit rester, le premier vecteur d’une opération réussie. Heureusement, c’est encore le cas dans cet univers de la PME et petite ETI.

Vous aurez noté que nous avons traité ce point avant même de parler de valorisation. D’expérience, lorsque cette première étape est bien réalisée, les négociations concernant la valorisation, le pacte d’actionnaires ou la garantie d’actif/passif par exemple se déroulent généralement bien et en bonne intelligence.

Pour une levée de fonds, le choix du fonds minoritaire est un sujet important et délicat. Il est vrai que sa part dans le capital reste mesurée. Toutefois, vous allez vivre une aventure entrepreneuriale avec ce nouvel acteur et développer de nouveaux projets. Il est donc important pour les échanges futurs qu’il y ait un vrai « fit » dès le départ.

A l’identique, dans le cadre d’une cession, que vous restiez ou non dans la structure post-acquisition, il nous semble important que vous vous sentiez à l’aise avec la suite des événements, que ce soit par rapport à l’orientation stratégique de l’entreprise ou au statut des salariés par exemple. Le passage de relais doit se faire dans les meilleures conditions possibles.

Le second objectif est bien entendu d’avoir un montage cohérent. Il doit avant tout répondre réellement aux problématiques posées. D’une cession simple à une opération de levée de fonds ou de réorganisation du capital avec du cash-out pour les actionnaires, les structurations sont différentes.

Un point nous semble toutefois sensible : le recours à l’endettement. Bien entendu, la dette bancaire, notamment aux taux actuels, est un outil indispensable et utile dans ces montages. Encore une fois, tout est question de mesure.
Nous avons été souvent confrontés aux résultats de montages LBO d’une période passée, heureusement révolue, où le montant des dettes mis en place dans ces opérations défiait toute logique. Il était alors considéré que les arbres monteraient jusqu’au ciel et parfois même largement au-delà… Le constat est toujours le même : une destruction de valeur importante, des sociétés totalement asphyxiées par le service de la dette et totalement incapables de financer leurs besoins en fonds de roulement, sans même parler d’investissement ou de projets de croissance.

Ces opérations sont souvent à la croisée des chemins entre la logique patrimoniale des actionnaires et les besoins financiers pour le bon développement de la structure, ce qui est tout à fait normal et logique. Il faut donc trouver le bon équilibre dans le montage entre le montant de l’effet de levier choisi, la réponse aux problématiques immédiates des actionnaires et de l’entreprise, et ses besoins en trésorerie pour bien fonctionner. En gardant en tête qu’il n’est pas impossible qu’un jour les choses puissent se compliquer. Il faut donc garder de l’oxygène financier…

Le troisième objectif est évidemment la valorisation. Il faut bien entendu avoir un montant en tête, c’est important, car il s’agit du reflet des années de travail (et de stress !) investies dans l’entreprise. Il est toujours très agréable d’obtenir une valorisation au-dessus de nos ambitions initiales. Pour autant, nous sommes souvent confrontés à des dirigeants qui ont préféré choisir une valorisation peut-être inférieure avec un projet pour lequel il se sentait plus en phase, où ils se sentaient plus rassurés quant à la pérennité de l’entreprise et à l’avenir de ses salariés. C’est donc là aussi un point personnel auquel chacun aura une réponse différente.

 

Nous restons toujours à l’écoute des entrepreneurs. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des sujets de réflexion à évoquer.

 

Charles Dodier – Directeur Associé